
Quand Nissan dévoile la 350Z au New York Auto Show de 2001 sous forme de concept Z, plus personne n'attendait le retour du nom Z. La 300ZX Z32 a quitté le marché américain en 1996, la marque traverse une crise financière qui menace son existence même, et Carlos Ghosn vient d'arriver pour redresser l'entreprise. Sa décision est radicale : il faut ramener la Z — pas comme un fleuron de prestige, mais comme une voiture accessible, sportive, fidèle à la formule originelle de 1969. La Z33 sort en 2003 sur la nouvelle plateforme FM (Front Midship) partagée avec la Skyline V35. Six cylindres en V de 3,5 litres VQ35DE atmosphérique placé en position centrale avant, propulsion, boîte 6 rapports manuelle. Pas de turbo, pas de quatre roues motrices, pas de double embrayage. Juste un coupé propulsion compact, équilibré, abordable — exactement ce que Nissan avait promis. La 350Z se vend par dizaines de milliers et redonne aux jeunes amateurs japonais le droit à une vraie sportive sans hypothèque. Vingt ans plus tard, c'est cette accessibilité qui en fait l'une des youngtimers les plus pertinentes du marché.
Carlos Ghosn voulait redresser Nissan. Sa décision la plus mémorable a été de ressusciter la Z.
À la fin des années 1990, Nissan traverse l'une des pires crises de son histoire. Endetté à hauteur de 22 milliards de dollars, le constructeur frôle la faillite. Renault entre au capital en 1999 et envoie Carlos Ghosn prendre les commandes. Son Nissan Revival Plan est brutal — fermetures d'usines, suppressions d'emplois, restructuration totale. Mais au milieu de cette austérité, une décision étonne tout le monde : Ghosn veut ramener la Z. Pas comme un fleuron de prestige, pas pour faire des marges. Comme symbole. Pour rappeler à Nissan ce qu'il était capable de faire quand il croyait en lui-même.
La 350Z est dévoilée en concept au New York Auto Show 2001, lancée en production en 2003. La promesse est tenue à la lettre : six cylindres en V atmosphérique, propulsion stricte, boîte 6 rapports manuelle, deux places. Pas de turbo, pas d'intégrale, pas de double embrayage. La nouvelle plateforme FM (Front Midship) — partagée avec la Skyline V35 et l'Infiniti G35 — place le VQ35DE atmosphérique aussi loin que possible derrière l'essieu avant. Résultat : 53/47 de répartition des masses, comportement de propulsion équilibrée, et un caractère mécanique fidèle aux Z de 1969. La voiture se vend par dizaines de milliers, sauve l'image sportive de Nissan, et devient en 2007 la NISMO 350Z — la plus exclusive de la lignée. Quand la Z34 (370Z) lui succède en 2009, la Z33 cède sa place au modèle plus gros, plus lourd, plus cher. Vingt ans plus tard, c'est la Z33 qui devient youngtimer.
La plateforme FM (Front Midship) de la 350Z n'est pas un développement isolé : elle est partagée avec la Skyline V35 (vendue en Infiniti G35 hors Japon), un fait peu connu qui explique pourquoi la Z33 a un comportement proche d'une berline sport plutôt que d'une pure sportive radicale. Cette mutualisation a permis à Nissan d'absorber le coût de développement — et explique pourquoi la 350Z reste, encore aujourd'hui, l'une des sportives les plus abordables à entretenir : ses pièces mécaniques sont produites en très grandes séries.
La Z n'est pas une voiture comme les autres. C'est l'ADN sportif de Nissan rendu tangible.
— Carlos Ghosn, lancement de la 350Z, 2002
La 350Z originelle. V6 VQ35DE 280 ch atmosphérique, boîte 6 rapports manuelle, autobloquant viscocoupleur. Châssis FM partagé avec la Skyline V35. La porte d'entrée Z des années 2000 — accessible, équilibrée, increvable.
Évolution mi-vie. VQ35DE poussé à 300 ch grâce à de meilleurs collecteurs, des arbres à cames revus et un compte-tours rouge relevé à 7000 tr/min. La 350Z la plus aboutie de la lignée DE.
« High Revolution ». Bloc VQ35HR entièrement nouveau : 313 ch, redline à 7500 tr/min, double admission, fiabilité supérieure. La fin de production de la Z33, et la base de la future 370Z.
Préparation officielle NISMO. Kit carrosserie spécifique, suspension durcie, jantes Rays forgées, intérieur sport, plaque numérotée. La Z33 la plus exclusive — environ 1 600 exemplaires US et JDM cumulés.
Le VQ35DE et VQ35HR utilisent une chaîne de distribution sans entretien programmé, ce qui est un avantage majeur. Mais les guides de chaîne en plastique se fragilisent autour de 150 000 km et peuvent céder sans avertissement. Un cliquetis au démarrage à froid est le premier signe. La réfection complète coûte 2 000 à 4 000 € — à anticiper sur tout exemplaire à fort kilométrage. C'est le seul vrai talon d'Achille mécanique de la Z33.
Le VQ35, le châssis FM et la NISMO 350Z, point par point.
Modèle 3D · 8 points d'intérêt
L'architecture Front Midship consiste à positionner le moteur derrière l'axe des roues avant, presque au niveau de l'auvent. Sur la 350Z, le VQ35 est si reculé qu'il occupe une partie de l'habitacle (visible par la console centrale haute et la barre transversale entre les sièges). Conséquence dynamique : un centre de gravité abaissé, une inertie réduite, et une répartition des masses qui flirte avec le 50/50. C'est l'équivalent Nissan du PPF de la MX-5 : la décision invisible d'architecture qui définit toute la personnalité dynamique — et qui distingue radicalement la 350Z d'un coupé propulsion classique à moteur surplombant l'essieu avant.
| Année | Édition | Marché | Production | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| 2003 | Track Edition | Mondial | Série | Version sportive de lancement : freins Brembo, autobloquant viscocoupleur, jantes Rays forgées 18 pouces, becquet arrière. La référence dynamique des premières années. |
| 2004 | Roadster (cabriolet) | Mondial | Série | Version cabriolet à capote électrique, lancée un an après le coupé. Renforts de caisse, comportement préservé. Plus rare aujourd'hui que le coupé sur le marché de l'occasion. |
| 2005 | 35th Anniversary Edition | États-Unis | ≈ 1 200 ex. | Célèbre les 35 ans du nom Z (1969—2004). Couleur Brickyard Orange exclusive (ou Silver), VQ35DE Rev-Up 300 ch, sellerie cuir spécifique, plaque numérotée. |
| 2007 | NISMO 350Z (US) | États-Unis | ≈ 1 100 ex. | Préparation officielle NISMO : kit carrosserie spécifique, suspension Eibach durcie, jantes Rays forgées 19 pouces, intérieur sport. La Z33 la plus exclusive et la plus recherchée. |
| 2007 | NISMO 350Z (JDM Type 380RS) | Japon | ≈ 300 ex. | Version japonaise NISMO encore plus radicale : moteur RB ou VQ poussé selon homologation, allègements supplémentaires, cage et baquets en option. Pour la course historique japonaise. |
| 2008 | Fin de série Z33 | Mondial | Dernières unités | Les ultimes 350Z avant le passage à la 370Z (Z34) en 2009. Cylindrée portée à 3,7 L sur la 370Z — la Z33 reste donc la dernière Z à 3,5 litres. |
Encore l'une des youngtimers japonaises les plus accessibles à l'entrée du marché — sous les 15 000 €, on trouve des exemplaires sains. Mais la chaîne de distribution, l'embrayage et l'historique d'entretien décident de tout.
Refuse net si tu observes : cliquetis persistant de la chaîne de distribution chaud · fumée bleue à la remise de gaz au-dessus de 5 000 tr/min · conversion auto → manuelle mal exécutée · historique de track day sans entretien renforcé documenté · kit carrosserie aftermarket vendu comme d'origine · modifications turbo / compresseur sans aucune trace de banc ou de préparateur reconnu.
Longtemps youngtimer accessible par excellence, la 350Z entre lentement en phase de revalorisation. Les exemplaires HR (2007—2008), les NISMO et les Phase 1 à très faible kilométrage commencent à grimper — pendant que les Phase 1 standard restent une des dernières façons de rouler en sportive japonaise atmo pour moins de 15 000 €.
| Configuration | État moyen | Bon état | Excellent / origine |
|---|---|---|---|
| 350Z Phase 1 (DE, 2003—2005) | 7—11k € | 12—18k € | 20—28k € |
| 350Z Rev-Up (DE 300 ch, 2005—2006) | 9—13k € | 14—20k € | 22—30k € |
| 350Z HR (VQ35HR, 2007—2008) | 11—15k € | 16—22k € | 25—32k € |
| Roadster (cabriolet) | 8—12k € | 13—19k € | 21—28k € |
| NISMO 350Z (collector) | 22—28k € | 30—40k € | 45—60k € |
Le VQ35 atmo n'est pas un moteur de puissance brute mais un moteur de plaisir. La 350Z répond mieux à des modifications qui révèlent son châssis — freinage, suspension, géométrie — qu'à une course aux chevaux. Sur les NISMO, on ne touche à rien d'autre que l'entretien.
Ligne complète 2,5 pouces inox. Réveille la voix du VQ35 et libère 10—15 ch en haut.
Boîte à air carbone, filtres haute performance. Sonorité d'admission et réponse améliorées.
Cartographie sur banc — le VQ35 répond bien aux ajustements de timing et de fuel maps.
Tein Flex, KW V3 ou Öhlins. La transformation du comportement — la 350Z retrouve sa précision originelle.
Disques 355 mm + étriers Brembo aftermarket. Indispensable dès que la voiture voit la piste.
Le combo VQ35 référence pour les gains atmos : ~330—340 ch sur HR avec gestion revue.
Suralimentation du VQ35 : ~450—500 ch fiables avec refroidissement renforcé. La voie la plus populaire pour la grosse puissance.
Bi-turbo parallèle pour les amateurs de souffle massif. Au-delà de 600 ch — refonte complète de l'embrayage et du carburant requise.
Cage multipoints, aéro, baquets, refroidissements, allègement. La 350Z de compétition complète.