
En 2005, Mitsubishi sait que la fin approche pour son moteur le plus célèbre. Le 4G63 turbo, né en 1992 avec l'Evo I, vit sa dernière incarnation. Alors les ingénieurs le poussent au sommet : MIVEC pour réveiller les bas régimes, un turbo à turbine en magnésium pour effacer le temps de réponse, et le cerveau électronique le plus sophistiqué jamais monté sur une berline — l'Active Center Differential couplé au Super Active Yaw Control. Le résultat vectorise le couple avant que le terme ne devienne à la mode. C'est l'Evo le plus abouti de l'ère 4G63 — et le chant du cygne d'une dynastie.
En 2005, Mitsubishi sait que la fin du 4G63 approche. Alors il le porte au sommet.
L'histoire commence en 1992. Pour homologuer ses voitures en championnat du monde des rallyes (WRC), Mitsubishi crée la Lancer Evolution : une berline familiale gavée d'un turbo, le 4G63, et d'une transmission intégrale. De génération en génération — Evo I, II, III… jusqu'à la VIII — la recette se raffine, portée par les exploits de Tommi Mäkinen, quadruple champion du monde.
En 2005, l'Evo IX arrive avec une mission paradoxale : perfectionner un moteur condamné. Mitsubishi prépare déjà l'Evo X et son nouveau bloc 4B11 tout aluminium. Le 4G63, lui, tire sa révérence. Les ingénieurs lui offrent un dernier cadeau : le MIVEC, un calage variable de soupapes qui réveille les bas régimes, et un turbo dont la turbine est en magnésium pour effacer le temps de réponse. C'est le 4G63 le plus abouti jamais produit.
Comme toutes les sportives japonaises de l'époque, l'Evo IX affiche officiellement 280 ch — plafond fixé par le gentlemen's agreement entre constructeurs nippons. En réalité, beaucoup d'exemplaires délivrent davantage, et le 4G63 encaisse sans broncher le double de sa puissance d'origine une fois préparé. C'est l'un des blocs les plus solides de l'histoire automobile.
Elle tourne là où la physique dit qu'elle devrait sous-virer. C'est de la sorcellerie électronique.
— Best Motoring, essai Evo IX, 2005
La version dépouillée pour l'homologation rallye et la préparation. Pas d'AYC, pas d'ABS, pas de clim de série, vitres manuelles. La plus légère, la base préférée des tuners et des pilotes.
La version routière définitive. Tout l'équipement électronique : ACD + Super AYC, Sport ABS, clim, Recaro. L'Evo IX que la majorité des passionnés recherchent.
Mitsubishi Racing. Boîte 6 rapports, jantes BBS forgées, toit aluminium, générateurs de vortex sur le bord de toit. Le sommet de gamme, souvent considéré comme l'Evo 4G63 ultime.
L'Evo en carrosserie break, rarissime. Même 4G63T, même transmission intégrale, mais un coffre familial. Disponible en boîte manuelle ou automatique. Une curiosité de collection.
L'Evo IX est une base de préparation de référence, ce qui signifie qu'une immense proportion des exemplaires en circulation ont été modifiés, poussés, et parfois maltraités sur circuit. Une Evo IX d'origine, non modifiée et bien entretenue, est rare et fortement valorisée. Méfiance absolue envers les voitures « stage 2/3 » sans historique de préparation sérieux.
Le 4G63 MIVEC, le turbo magnésium et le cerveau ACD + Super AYC, point par point.
Modèle 3D · 8 points d'intérêt
La signature de l'Evo n'est pas son moteur, mais son système de différentiels actifs. L'ACD (Active Center Differential) gère en continu la répartition avant/arrière. Le Super AYC (Active Yaw Control), lui, transfère le couple d'une roue arrière à l'autre via un train épicycloïdal — c'est de la vectorisation de couple avant l'heure. Ensemble, ils font pivoter une berline d'1,4 tonne comme un kart, sans sous-virage. C'est l'équivalent Mitsubishi du PPF de la MX-5 : l'idée d'ingénierie qui définit tout le caractère de la voiture.
| Année | Édition | Marché | Production | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| 2006 | FQ-320 | Royaume-Uni (Ralliart) | Série limitée | Première des FQ britanniques préparées par Ralliart UK. ~326 ch grâce à une cartographie et un échappement spécifiques. |
| 2006 | FQ-340 | Royaume-Uni (Ralliart) | Série limitée | Évolution intermédiaire : ~345 ch. Le « FQ » signifierait, selon la légende Mitsubishi UK, quelque chose d'intraduisible en famille. |
| 2006 | FQ-360 | Royaume-Uni (Ralliart) | Série limitée | La plus puissante des Evo IX d'usine : ~366 ch et ~492 Nm. Turbo, injecteurs et gestion revus. Le graal des FQ. |
| 2005 | GT (UK) | Royaume-Uni | Faible volume | Compromis malin : carrosserie et confort de la GSR, mais transmission de la RS (sans AYC) — plus légère et plus pure pour le pilotage. |
| 2007 | Final Edition / fin de série | Japon | Fin de production 4G63 | Les toutes dernières Evo IX avant le passage à l'Evo X et son nouveau bloc 4B11. La fin d'une lignée de moteur entamée en 1992. |
Les cotes explosent, les exemplaires sains se raréfient. Le 4G63 est solide, mais l'électronique de transmission et l'historique de préparation décident de tout.
Refuse net si tu observes : fumée bleue à la remise de gaz (turbo ou segmentation) · claquement de bas moteur (le redouté crank walk, jeu axial du vilebrequin) · pompe AYC/ACD bruyante ou voyants permanents · préparation « stage » sans aucune facture ni passage au banc · corrosion structurelle sur longerons ou planchers · historique de circuit sans entretien renforcé suivi.
Portée par la vague youngtimer japonaise et la fin programmée du 4G63, l'Evo IX d'origine est devenue un placement — les exemplaires non modifiés s'arrachent.
| Configuration | État moyen | Bon état | Excellent / origine |
|---|---|---|---|
| GSR (5 vitesses) | 25—32k € | 35—50k € | 55—68k € |
| MR (6 vitesses) | 32—42k € | 45—60k € | 65—85k € |
| RS (dépouillée, rare) | 30—40k € | 45—60k € | 65—90k € |
| FQ-360 (UK Ralliart) | — | 55—75k € | 80—110k € |
| Wagon (break, rarissime) | 28—38k € | 40—55k € | 60—75k € |
Peu de moteurs acceptent autant d'abus que le 4G63. La règle : soigner la fiabilité (refroidissement, carburant) avant de viser les gros chiffres, et toujours documenter au banc.
HKS ou Milltek. Décharge le turbo, réveille le son caractéristique du 4G63.
Filtre haute performance et dump valve. Réponse turbo plus vive et son d'admission.
Cartographie sur mesure au banc. ~320—340 ch fiables sans toucher au hardware.
Le combo classique : ~400—450 ch. Carburant et refroidissement revus en conséquence.
Öhlins, BC Racing ou KW. Exploite enfin le potentiel du châssis et de l'AYC.
Embrayage et volant moteur compétition pour encaisser le couple supplémentaire.
Pistons, bielles et vilebrequin forgés. Le 4G63 passe 600—700 ch en toute fiabilité.
Dog box ou séquentielle complète. Passages éclair, fiabilité piste — niveau rallye.
Cage, hydraulique, aéro, anti-lag. La WRC du garage, homologable en compétition.